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Les «Family officers», ces hommes de l’ombre des grandes fortunes

Le métier serait «en plein développement». Pour bénéficier de l’expertise de ces gestionnaires de haut vol, il faut détenir un patrimoine de 20 millions d’euros, au moins.

Le projet de taxer les très hauts revenus à 75% sera-t-il abandonné, comme le prétendait Europe 1 ce jeudi matin, ou sera-t-il maintenu comme l’assure Matignon? Une certitude: depuis la campagne présidentielle de 2012, le sujet de la fiscalité donne du grain à moudre à la très discrète profession de «family officer», c’est-à-dire de gérant de grandes fortunes familiales, comme celles des Bettencourt, des Pinault, des Peugeot ou encore des Mulliez. De fait, l’association française du family office (AFFO), qui organisait aujourd’hui une conférence de presse, intitulée «Le family office, un métier en plein développement».

Le family officer, un chef d’orchestre

Mais qu’entend-on exactement par «family office» (ou «family officer» si l’on parle d’une personne et non d’une structure)? Le terme existe aux Etats-Unis depuis la fin du 19e siècle, quand les Rockfeller avaient décidé de s’entourer de personnes de confiance capables de gérer leur immense patrimoine, dans la durée. La terminologie anglo-saxonne est beaucoup plus récente en France mais le family officer n’est autre que la version moderne de l’homme de confiance, de l’avoué des riches familles dépeintes dans les romans de Balzac.closevolume_off

«Son but est d’assurer la pérennité de l’entreprise familiale», précise Jean-Marie Paluel-Marmont, président de l’AFFO. Le family officer n’est pas un notaire, ni un avocat, il ne s’agit pas non plus d’un conseiller financier, mais d’une sorte de chef d’orchestre chargé de recruter et de superviser l’action de ces différents professionnels, afin de préserver et de faire fructifier de grands patrimoines privés, et ce, sur plusieurs générations.